vendredi 23 décembre 2016

Connexions animales

 
Connexions animales
 
Nourris des avenirs, se meurent en passés
Les échos irraisonnés des compassions
Comme le frisson d’étranges prémonitions
Qui s’échangent des informations, plaintif,
Parcourant les cuirs chevelus, électrisés.
Des profondeurs de l’inconscient collectif,
Résonne le réseau du nombre primitif.
Sapience innée reflétant les constellations,
Clémence de Titus, résolues sont les clefs.
 
                                Joël Gissy
       
 

mercredi 7 décembre 2016

Emanation

 
Emanation
 
Grince ses vocalises des vanités mortes,
Le messager ténébreux à l’angle des portes.
Tel un valet de pique en un miroir, servile,
L’intrus bouscule le maître ; arachnéen, file.
La rose de Vénus a tissé son abîme,
Chevauchant le caprin de sa course anonyme.
La lumière, au volet, éclaire son angoisse
Au tâtonnement d’un sphinx dont l’aile se froisse.
Hermès dionysiaque, il bout, sage colère.
Le bouc de la caverne a sacrifié son frère,
Corps d’argile osirien reconstitué
Quand triomphe le souverain destitué,
Car le Faune nomade inverse son mystère.
 
                           Joël Gissy
 
        

mercredi 30 novembre 2016

La Liberté


Poème extrait de "Guenizah, Le Septième Livre" :

La Liberté
 
Constellation blessée d'un taureau caphtorien,
L'animal mutilé, la langue tatouée
Au soleil nouveau d'un renaissant scarabée,
Ankh occulte où le scorpion pince à vif Apis,
Telle une clef de Nephtys tourne son iris.
L'archipel remonte des eaux de Santorin.
Succube, Ishtar ravive un membre d'Osiris.
Le Phrygien chevauchant la bête déchaînée
Se mue, hermaphrodite, en déesse en son sein.
 
                                     Joël Gissy
 
 

jeudi 24 novembre 2016

Ailes d’un petit ange blanc...

 
Ailes d’un petit ange blanc
Qui de ses maracas se grise,
Les pavots chantent dans la brise
De la nuit bleue d’orient.
 
                   Joël Gissy
 
 

dimanche 4 septembre 2016

Guenizah, Le Septième Livre


Vient de paraître

Guenizah, Le Septième Livre




Comme une guenizah des livres condamnés, voici le livre des poèmes interdits. Après Les Mystères intérieurs, ou l'Arche d'Outanapishtim, le septième recueil de la série pénètre encore plus profondément dans les mystères du moudhif. 322 poèmes oniriques, romantiques et symboliques.

Commander :
https://www.bod.fr/livre/joel-gissy/guenizah/9782322016778.html



dimanche 28 août 2016

Introït de "Guenizah, Le Septième Livre"

 
Extrait de "Guenizah, Le Septième Livre" - Recueil de poésie
 
 
I.
 
Introït
 
Septuple hydre décomposée de Démosthène,
Chevauche le Dragon, robe de sang, la Reine.
Triomphe, de la nuit, la nymphe souveraine.
Sonne son treizième coup, l'horloge d'ébène.
Se tait le cavalier solitaire à la plume
Dont le spectre croisé miroite dans la brume.
Les cendres de la mer se mêlent à l'écume.
 
                                        Joël Gissy


http://joelgissypoesie.blogspot.fr/p/les-recueils.html

 

lundi 22 août 2016

Lecture au Lazaret de Sète - août 2016


Lecture de poésie au Lazaret de Sète le mercredi 17 août 2016



 
 
V.
 
Je crois aux dieux féconds des mers originelles
Régnant sur les palais de cités éternelles
Et vois au fond des flots de vastes sanctuaires
Dentelés de coraux, des rivages qui plongent
Parmi les blancs récifs et les tertres qui songent
Dans l’immensité bleue de gouffres somptuaires
En un monde abyssal plus ténébreux et vague
Qu’une fosse océane. Et maint flasque géant
Dans ce visqueux éther ondule fainéant,
Sombre et tentaculaire, or que son ventre élague
Des jardins suspendus comme des cathédrales,
Tandis que dans la nuit scintillent les yeux pâles
Des calamars craintifs. Mais l’austère musique
De ce chaos immonde a d’étranges merveilles
Dont chaque bulle blonde éclot dans les oreilles
De quelque vieux démon, physeter fantastique
Qui gronde certain soir. Et ce chant de sirène
En mon esprit résonne et charme mes pensées,
Comme si quelquefois des profondeurs glacées
Montait l’appel d’une Vénus anadyomène.

 
Les Halieutiques de Delphes
 
Dans les couloirs d’un temple où les dauphins s’ébattent,
Qui donne sur la mer d’un bleu vésuvien
Pénétré par le ciel rose aux moiteurs timides
Qu’arrosent caverneux leurs rires qui éclatent,
Deux sirènes hybrides, montées du bassin,
S’enlaçant guident parmi ces canaux limpides
L’étranger que caresse un ballet chimérique.
Il s’abandonne au son de trompes et de conques,
Etranges, comme émanées d’invisibles jonques !
Et porté par ces flots en leur grotte aquatique,
Nageant tel un centaure, l’autre explorateur
Contemple des dieux philistins sous cette crique
Que balaie sa mémoire en un éveil trompeur.

 
Désir et Musique
 
Les frissons du désir, enfants de la musique,
Submergent un esprit et s’enflent dans nos chairs
Comme un orage empli de spasmes électriques.
La vague énorme semble emporter par les airs
 
Le cœur que transporte son élan pathétique,
Soudain précipité en de lointains éthers.
Et dans un océan de rayons prismatiques,
Il s’ébat, quand frappé d’innombrables éclairs
 
Qui s’abattent sur lui, foudre accusateur,
Leur éclat le soustrait à cette apesanteur.
Alors, pareil à l’oiseau transpercé d’un trait,
 
Fracassé contre la berge en mille explosions,
Se débattant parmi d’affreuses convulsions,
Son battement se meurt ainsi qu’un menuet.

 
Attendrissement
 
Je suis pareil à ces hippocampes d’Ilion,
Qui par milliers, amicaux, vont voir les plongeurs
Parmi l’espace scintillant des profondeurs,
Et meurent soudain à la première émotion !
 
Avant de remonter, triste nuée de corps,
Les petits équidés, mignons et pleins de grâce,
Font un ballet aquatique, et plus d’un embrasse
Du bout de sa trompe aimable, en ces beaux décors,
 
Le curieux qui les trouble, et l’aime et l’accompagne.
Alors, vers la lumière ondoyante il regagne,
Porté par l’écume oublieuse aux plages claires,
 
La vaste éternité dont à peine affleurait
Ces myriades de consciences élémentaires
Dont s’éteint en un souffle indistinct le secret.

 
Conscience végétale
 
D’un lac souterrain où sommeillent des ondines
Forêt vivante obscurément dont les racines,
Démultiplication d’un fin réseau de nerf,
Mouvantes se souviennent, inversées dans l’air,
Temple secret qui, flots en rideaux, et colonnes
De stalactites se joignant aux stalagmites
Sous la voûte de cristaux et de fluorites,
Vers un soleil enfoui se déploient leurs neurones.
Cherchant son passage ainsi qu’un peuple de vers,
L’Arbre Yggdrasil croît vers le centre en tissus pâles,
Des troncs noueux qui s’enflent ainsi que des chairs
Enchevêtrées d’allées et venues animales.

 
Fantaisie nocturne
 
Au moment de la nuit où la sylve a des yeux,
Or qu’à l’épuisement s’enrhument les babils
Des courlis ainsi que des sylphes silencieux,
Quand les saules pleureurs écument de leurs cils
 
La vase du marais qui s’endort et pétune
Un nuage estompé par le flambant reflet
Des feux follets mêlés aux rayons de la lune,
Mon souffle est prêt de s’éteindre et mon cœur se tait
 
Comme pour vibrer au chant des chouettes chevêches.
Alors, des constellations d’ondines revêches
Embrasent leurs auras de sinople éclatant
 
Dont la chandelle ubuesque expire en grésillant
Tel un prisme ardent à chaque fois que la brise
Tourne la feuille argent des aulnes qu’elle irise.

 
La Panique de Cernunnos
 
Perpétuelle expansion du nœud fermé,
Complexe aux bois de Cernunnos entrelacé
En verte frange après les branchages moussus,
Le dragon se confond dans les chênes barbus.
Quand il vient à pas échassés sur ses sabots,
Au détour de la clairière, des marigots
D’un sentier de cerfs ; ou triomphant est juché
Assis en fleur pour la maîtresse du rucher
Son thyrse en caducée à ce serpent offert
Ainsi qu’un trône où Mélusine ouvre sa chair,
Naturel sauvage et sagesse en doux bourdon
Grand Tout bestial accouplé à sa conception !
Vaisseaux de la sylve aux brumes aérienne
Qui court de l’humus dans les noirceurs, souterraine,
Dont la conscience à l’homunculus est semblable
De l’humain par sa double nature insondable,
Il tremble, fœtus dénudé par l’existence
En soi enfouie de sa potentielle omniscience.

 
L’Arbre à papillons
 
Par cette canicule où s’abattent les eaux,
Au soir, quand s’apaisent les diurnes éléments,
Voletant autour des buddleias palpitants,
Les papillons roux semblent de petits oiseaux.
La vanessa, telle une Atlante évanescente,
Se pose en son parfum avant qu’il ne la sente.
L’eau et le feu se battent, flux vaporisants.

 
Les Mastabas sylvestres
 
De retour d’un voyage près d’une frontière,
Dans une forêt étrangement familière,
J’explore un domaine broussailleux de lierre
Des pyramides à degrés comme des mines
Dont les sombres entrées s’enfoncent dans la terre.
Un dédale ancien découvre-t-il ses racines?
Réminiscence de périls chevaleresques,
A l’aube, ces puits incertains semblent des fresques
Parmi le feuillage clair des contrées tudesques.

 
Mi-ombre
 
De ma bouche embrumée par des rêves ambrés,
La fumée s’en va comme une albe chevelure.
Maturation sans fin d’intuition future,
Se forment les embruns d’illusions marbrés.
De spirales brisées en les volutes d’or,
Les reflets d’algorithmes s’enroulent en un
Tels les échos d’un rythme pythagoricien,
Dans un nuage déployant son nombre encor.

 
La Forêt nocturne
 
Fleurs musicales aux mille odeurs colorées,
Tintent les clochettes en la sylve onirique,
De neigeux pollens étincelant saupoudrées.
Charmille d’un arbuste, au creux d’un feu-follet,
Joue un jeu magique un petit être violet.
Le rêveur avance en un ruisseau féerique
Sur la tendre clairière de mousse et d’épines
Comme une chambre intime embaumée de résines.

 
Dialogue onirique
 
Le désir du Néant a conduit plus d’un homme
A songer, or que le sommeil ne venait pas,
Aux infinies douceurs de son propre trépas.
Les voluptés de l’oubli s’ouvrent parfois comme
 
Une naissance à un autre univers conscient.
-Car c’est seulement lorsque l’on ne veut plus être,
Que l’on est réellement.- Ainsi déficient,
Je descendis malgré moi dans le gouffre traître,
 
Comme nageant parmi les laves corrosives,
Tandis que ma chair fondue semblait me quitter
A mesure que j’allai par l’immensité
D’un cratère où m’englobaient, formes primitives,
 
Les cercles mystérieux de la métempsycose.
Par delà les épais manteaux d’or et de braise,
En des cavernes où l’esprit, mal à son aise,
Parmi des limbes argentés se décompose,
 
Je plongeai en proie à une harmonie immonde.
Tout n’était que notes et rythmes affolés,
D’un agencement trop dément pour notre monde
Ainsi qu’un clavecin en spasmes effilés,
 
Plus éloquent que les stances d’Anacréon,
Ou tel un orgue au ventre en spire interminable
Pliant l’espace-temps comme un accordéon.
Alors je devinai l’Enorme abominable,
 
Au milieu de cette étrange cacophonie :
Etait-ce un fœtus, un monstre céphalopode ?
La forme inachevée, anormale et honnie
D’une phalène dont la vague angoisse rode ?
 
Je ne sais précisément ce que nous nous dîmes,
Conversant en esprit au fond des noirs abîmes,-
Mais cette rêverie sublime, or que j’oublie,
Me laisse à cet instant comme une nostalgie.

 
Songe diluvien
 
1.
 
De chaque rêve, m’efforçant à retenir
Ce poème, je m’éveillais, le griffonnant,
Des palissades de Sumer, Mayas ou Tyr,
D’une tour médiévale, en Grèce, vieux savant :

 
2.
 
Labyrinthe aux odeurs de guimauve et d’absinthe,
Le bateau craque ainsi qu’une sylve enchantée
Qui grince en fond de cale en musicale plainte.
Tunnels cerclés sans fin d’une voûte boisée
Où balance une lanterne verte accrochée,
Le foudre semble une arche de cèdre égarée.

 
L’Union spirituelle
 
Nous nous retrouverons, baignés par l’air bleuté
D’un océan spirituel de volupté.
Et nous nous étreindrons ardemment d’âme à âme
Pareils à deux papillons autour d’une flamme,
Songeant aux amours brisées de nos corps de chair.
Nos désirs éthérés, semblables à l’éclair,
Nageront l’un vers l’autre, esprits purs et glorieux,
Portés par la passion qui pourfend les cieux !
Alors, librement, l’Androgyne originel,
Tout de lumière éblouissante auréolé,
Fleur d’un Nirvana d’azur sombre et velouté,
Embrassera les feux de son rêve éternel.

 
                                        Joël Gissy
 
 

vendredi 17 juin 2016

Mi-ombre

 
Mi-ombre
 
De ma bouche embrumée par des rêves ambrés,
La fumée s’en va comme une albe chevelure.
Maturation sans fin d’intuition future,
Se forment les embruns d’illusions marbrés.
De spirales brisées en les volutes d’or,
Les reflets d’algorithmes s’enroulent en un
Tels les échos d’un rythme pythagoricien,
Dans un nuage déployant son nombre encor.
 
                                  Joël Gissy
 
 

vendredi 20 mai 2016

La Forêt nocturne

 
La Forêt nocturne
 
Fleurs musicales aux mille odeurs colorées,
Tintent les clochettes en la sylve onirique,
De neigeux pollens étincelant saupoudrées.
Charmille d’un arbuste, au creux d’un feu-follet,
Joue un jeu magique un petit être violet.
Le rêveur avance en un ruisseau féerique
Sur la tendre clairière de mousse et d’épines
Comme une chambre intime embaumée de résines.
 
                                               Joël Gissy
 
 

dimanche 1 mai 2016

Intermèdes poétiques au Paradis des Sources


Dîners-spectacles
Intermèdes poétiques au Paradis des Sources - séances de dédicaces

Les samedis 28 mai et 4 juin 2016


 
 
 
Le Poème perdu
 
Dans l’imagination des souvenirs sans voix,
Des constellations le serpentement s’accroît.
L’avenir se retourne en recherchant un sens,
A l’essence des éléments baignant ses sens.
Dans l’occulte argent de l’ineffable secret
Où murmure le frais sanglot de la forêt,
Sous le Septuor, une nuit sans lune, une ourse
Etait revenue sans bruit boire à la source.

 
Fantaisie nocturne
 
Au moment de la nuit où la sylve a des yeux,
Or qu’à l’épuisement s’enrhument les babils
Des courlis ainsi que des sylphes silencieux,
Quand les saules pleureurs écument de leurs cils
 
La vase du marais qui s’endort et pétune
Un nuage estompé par le flambant reflet
Des feux follets mêlés aux rayons de la lune,
Mon souffle est prêt de s’éteindre et mon cœur se tait
 
Comme pour vibrer au chant des chouettes chevêches.
Alors, des constellations d’ondines revêches
Embrasent leurs auras de sinople éclatant
 
Dont la chandelle ubuesque expire en grésillant
Tel un prisme ardent à chaque fois que la brise
Tourne la feuille argent des aulnes qu’elle irise.

 
L’Union spirituelle
 
Nous nous retrouverons, baignés par l’air bleuté
D’un océan spirituel de volupté.
Et nous nous étreindrons ardemment d’âme à âme
Pareils à deux papillons autour d’une flamme,
Songeant aux amours brisées de nos corps de chair.
Nos désirs éthérés, semblables à l’éclair,
Nageront l’un vers l’autre, esprits purs et glorieux,
Portés par la passion qui pourfend les cieux !
Alors, librement, l’Androgyne originel,
Tout de lumière éblouissante auréolé,
Fleur d’un Nirvana d’azur sombre et velouté,
Embrassera les feux de son rêve éternel.

 
Alchimie de la Mer
 
Un voile obscur s’insinue en l’éther troublé.
Le brouillard est si lourd qu’il semble de matière-
Un nimbe entre l’or et le plomb intermédiaire.
A l’horizon blafard, la nue paraît trembler,
 
Et l’air épais comme en un four vibre sur l’onde
Mobile où se mélange un sinueux présage
Dont le spectre condensé dans ce ciel d’orage
Sur un mirage aux cheveux d’argent vagabonde.
 
Avec le râle aigu d’un chalumeau de pâtre,
Couverte de limon, dans un halo verdâtre,
On devine à travers cet embrun magnétique
 
La carcasse évaporée d’une morne épave
Qui passe ainsi qu’un défilé fantomatique
Avant de retourner où l’écume s’entrave.

 
Attendrissement
 
Je suis pareil à ces hippocampes d’Ilion,
Qui par milliers, amicaux, vont voir les plongeurs
Parmi l’espace scintillant des profondeurs,
Et meurent soudain à la première émotion !
 
Avant de remonter, triste nuée de corps,
Les petits équidés, mignons et pleins de grâce,
Font un ballet aquatique, et plus d’un embrasse
Du bout de sa trompe aimable, en ces beaux décors,
 
Le curieux qui les trouble, et l’aime et l’accompagne.
Alors, vers la lumière ondoyante il regagne,
Porté par l’écume oublieuse aux plages claires,
 
La vaste éternité dont à peine affleurait
Ces myriades de consciences élémentaires
Dont s’éteint en un souffle indistinct le secret.

 
                                   Joël Gissy
 

vendredi 22 avril 2016

Le Serpent mosaïque


Le Serpent mosaïque

Toujours en un chemin plus complexe s’embranche
Le serpentement, labyrinthe, à la lumière,
D’un détour souterrain, regard intermédiaire.
Observant le réel sur le plan de sa tranche,
D’une idole d’airain brandie sur une perche
Chemine en sa sagesse et de la tête cherche
Son cœur, le fruit chtonien, mutilé à la hanche.
Manifestant l’oracle de la Pythonisse,
Vers son savoir intérieur l’infini se glisse.

                                          Joël Gissy


Poème extrait du recueil Les Mystères intérieurs, ou l'Arche d'Outanapishtim :

mardi 19 avril 2016

Le Cauchemar de Phaéton

Poème extrait du recueil Les Mystères intérieurs, ou l'Arche d'Outanapishtim :
 
 
Le Cauchemar de Phaéton

Par les vents malmené, dont la cale soupire
Au ventre ballotté pareil d’un vieux navire,
Du grenier grinçant onirique infiltre un lieu,
Semblant parcourir l’entonnoir jusqu’à la cime,
Spirale épouvantée, d’un escalier le cône.
L’Esprit respire et inspire un souffle pieu
Au tas de cendre argileux remoulé qu’anime
Le lion cyclope élancé mélangeant personne,
D’un tourbillon abyssal, scintillant et bleu,
Tel d’une fourche où l’arc de Poséidon tonne,
Enflé comme un soufflet dont l’accordéon rauque
Sur la ruche engourdie, hébète, qui suffoque,
Récoltant l’égrégore, hologramme argenté
Haletant du furieux râle de son feu
Par ce prisme en dodécaèdre diffracté.
Rapace attaché d’Isis bourdonnant au trône,
Comme un sphinx, papillon deltoïde au milieu
De la toile de pentacles mis en abyme,
Retournés par les angles de leur pentagone,
Que Pierre le Noir en bouffon jongleur mime
La patte en un trottement de mort engluée
Dans les pailles de fer d’une Mère-Araignée,
De ses ongles grattant d’un vil jersey avide
Parmi les mailles inversées en pyramide,
Le Delta de l’incarnation lucifuge
Traçant d’un bout d’aile une spire en filigrane,
Né d’un fantôme gercé dont s’accroît la ride,
Dans les vibrations s’abaissant trouve refuge.
Et par ces corridors que le rêveur profane
Le frottement retombe en un crissement grave,
Résonnant, sépulcral tel l’écho d’une cave.
Scarabée de Nephtys en sa coque ovoïde,
Le valet de pique en coléoptère hideux
De ses yeux flamboyants contemple sur le vide
D’idéaux martyrisés les élans frileux.
 
                                                    Joël Gissy
 
 
 Le recueil :
 
 
 

samedi 9 avril 2016

Les Mystères intérieurs, ou l'Arche d'Outanapishtim

Vient de paraître

Les Mystères intérieurs, ou l'Arche d'Outanapishtim
https://www.bod.fr/livre/joel-gissy/les-mysteres-interieurs/9782322040285.html

Remonté d'un mythe sumérien, un antique coffre de cèdre s'ouvre comme une arche de Noé. Du Nombre, se structurent la lumière et la forme. Révélant ses proportions ainsi qu'une rose, la pierre géométrique se déploie de ses résonnances alchimiques.

Le sixième recueil de la série (999 poèmes).




jeudi 7 avril 2016

Secret étude

Ecrit il y a deux nuits
 
Secret étude
 
La Dame vierge entre licorne et lion se mire,
Charme des deux animés la sauvage ardeur,
Accouplant la force et la grâce en sa douceur.
Saturne aux noces d'Hermès apaise son ire.
Les oiseaux parlent dans la profonde verdeur.
 
                                       Joël Gissy 
 
 

mardi 5 avril 2016

Le Pieu de Pygmalion

 
Vénus à Cythère, sculpture, Joël Gissy
 
 
Le Pieu de Pygmalion
 
Façonnant le reflet plus profond que projette,
Fracassant, le ciseau sur sa sensible arête,
Frémissons au regard où nos voix s’interrompent.
Et parmi ces remords de jamais qui se trompent
En l’abîme interdit de soupirs retenus,
Songe encor à des instants déjà souvenus !
Enclos d’îles dormant d’impossible avenir,
De ces temps entrevus l’illusion vient mourir,
Quand s’étaient oubliés les sanglots trop avant
Sur la pierre écumée de ce mirage blanc.
 
                                   Joël Gissy


 
Extrait du recueil Méditations lyriques :